Festival Aflam du Sud : quand le cinéma arabe indépendant fait vibrer la mémoire, le deuil et le suspense

Interview : Le Festival Aflam du Sud célèbre quinze ans de cinéma indépendant, engagé et profondément humain

Un hommage poignant aux premiers travailleurs immigrés, une disparition mystérieuse plongeant une famille dans le suspense et une célébration de la création artistique sans frontière : pour sa quinzième édition, le Festival Aflam du Sud réunit les réalisateurs Bachir Barrou et Moustafa Belbacha autour d’une programmation qui donne la parole aux récits rares et nécessaires du cinéma indépendant.

En quoi consiste le Festival Aflam du Sud et quelle est sa philosophie ?

Rachida Chbani : Le festival est né d’une véritable passion pour le cinéma indépendant et engagé du Sud, des œuvres fortes et audacieuses qui peinent souvent à trouver leur place dans les réseaux de distribution traditionnels en Europe. Pour ce quinzième anniversaire, nous continuons de proposer une plateforme d’expression aux jeunes réalisateurs avec une sélection de films récents aux thématiques très actuelles, où s’expriment la mémoire, le souvenir et la résilience.

De quoi parle le court-métrage « El Capitano » de Bachir Barrou ?

Bachir Barrou : Né d’une réflexion entamée durant la période de la crise sanitaire, le film suit une jeune fille partie sur les traces de son grand-père, arrivé du Maroc en Belgique lors des accords bilatéraux des années soixante. Le titre El Capitano rend hommage à ces premiers chefs de chantier immigrés. Il s’agit de transmettre cet héritage aux quatrièmes et cinquièmes générations. Le tournage repose sur une démarche humaine particulière : tous les comédiens non professionnels retenus avaient en commun d’avoir perdu un proche, transformant la réalisation du film en un véritable processus de deuil collectif.

Quelle est l’intrigue du film « Reviens » de Moustafa Belbacha ?

Moustafa Belbacha : Le film est né d’une proposition de la scénariste Irina Veles, qui joue également dans le film aux côtés de ses deux enfants, Adrien Gielly et Sarah Gielly, le tout produit et coréalisé par David Gielly. L’histoire bascule dans le suspense lorsqu’une mère de famille part simplement acheter des cigarettes et ne réapparaît plus. C’est le récit palpitant et troublant d’une disparition inexpliquée et de la quête qui s’ensuit.

Qui retrouve-t-on dans les équipes artistiques et techniques de ces deux œuvres ?

Bachir Barrou & Moustafa Belbacha : Pour El Capitano, le rôle principal est porté par Leila Shaarani, entourée de Moustafa El Hamer, Naima Jami et du comédien expérimenté Mounir Ait Hamou, avec Karim Tabbash et Stéphanie Pérard à l’assistance de réalisation. Le projet est encadré par la structure Nomads Prod, qui crée des ponts artistiques entre le Nord et le Sud. Pour Reviens, la musique originale a été spécialement composée par le musicien Philippe Moebius.

Quel message et quelles initiatives accompagnent cette quinzième édition ?

Rachida Chbani, Bachir Barrou & Moustafa Belbacha : Au-delà des projections, le festival réaffirme sa vocation de soutien à la création en proposant notamment une formation gratuite d’un jour et demi au jeu d’acteur face caméra pour encourager les futurs talents. L’événement est aussi l’occasion d’un hommage ému à la mémoire de Pierre Lequeux pour son accompagnement bienveillant et son rôle essentiel de passeur culturel.

📅 Agenda & Informations pratiques

  • Avant-propos : La quinzième édition du Festival Aflam du Sud a présenté les projections en compétition des films El Capitano et Reviens, ainsi qu’une formation au jeu face caméra organisée les 22 et 23 du mois.
  • Prochaines dates : Pour connaître les prochaines projections et suivre l’actualité des futures éditions du festival, revenez nous voir régulièrement ou consultez nos pages sur les réseaux sociaux.

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